Rails d’une vie

Samedi, nous avons déménagé. Le planning de la journée était aussi serré que Mariah Carez dans ses vêtements. Après une semaine de vacances à Lille et bien que nos stages réciproques approchent, j’avais envie de retrouver ma famille avant mon départ.

Je prends donc le train à Metz direction maison des Alpes. Et dans le train, des idées se mêlent et se débattent. Un jour, tout ceci sera un souvenir amusant (ou pas) ; aujourd’hui, c’est larmes et ressentiments. Nous nous aimons, ne passons plus une nuit sans l’autre et nous voilà séparés, arrachés.

J’observe les poteaux électriques longeant la voie de chemin de fer, défilés à la vitesse du train, au rythme de la vie. Dans ces sièges usés, le regard perdu dans un paysage abstrait: je m’éloigne de celui que j’aime.

Oui, je chiale! Si vous savez combien cela me fait du bien. Je n’émets aucun son, les larmes coulent sur mon visage. Ma bouche est serrée, légèrement pincée. Je repense à cette nuit où nous avons fait l’amour, où il a jouit en moi. A cette journée où nous avons ris, où nous nous sommes taquinés. Le regard rieur et complice. Je repense à ces semaines, ces mois de bonheur.

Étrange ces rails qui mènent nos vies, qui mènent ma vie depuis bientôt 10 ans. La trame de ma vie est celle d’un train. J’y passe ma vie, mes sentiments.

En cette après-midi-ci, je ne cesse de penser à lui. Quand le reverrais-je? Son parfum, son regard, ses mains, tout me manque. Dans cet environnement si particulier, je ferme les yeux et ce n’est que son visage que je vois. Impossible de retenir alors cette larme qui coule sur mon visage.

Je ferme mes yeux une nouvelle fois, je respire. Je suis vivant, vivant d’amour mais surtout épuisé par cette journée.

Un regard au travers de la vitre, et je sens que le sommeil se fait roi en moi. Le réveil est mis, je m’endors le cœur chaud, et finalement heureux car dans cette douleur, je me rends compte pour la première ce que c’est d’être aimé mais surtout d’aimer.

Dan
ok

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